La charité

La Charité est l’une des plus belles choses que l’éducateur puisse semer dans l’âme des enfants ! N’est-ce pas un signe essentiel du chrétien ? « Ceci est mon commandement que vous vous aimiez les uns les autres. » Jn 16. Elle s’oppose à l’égoïsme si prompt à s’éveiller, à se développer et pour finalement se percevoir dans le comportement. Pour forger des enfants au bon cœur, un travail patient et délicat se profile dont quelques lignes directrices s’imposent néanmoins. L’enfant est un grand imitateur, il aime reproduire ce qu’il voit ou entend. Rappelez-vous les mots charmants de vos petits : « On dirait que tu es…» ou  ceux autour d’une poupée plus ou moins agréable… Il entre ainsi dans le registre de l’identification, nous dit un pédiatre connu. S’appuyant sur cette capacité, l’éducateur, ici en première ligne, devra pour commencer montrer l’exemplarité d’une vie de dévouement. Pas de fruits sans efforts personnels ! D’ailleurs, comme pour nous y encourager, de nombreux saints citent leurs parents comme modèle. Dans la même idée, les saints dont la particularité souligne notre propos, devront être mis à l’honneur. Pour un âge consommateur d’idoles aux mâles aspects, l’éducateur saura leur glorifier les héros chrétiens, nos vrais modèles, en suscitant de saines lectures ou mieux car cet âge en est friand, en racontant, en mimant  l’histoire… Ils rendront ainsi les personnages vivants, accessibles à nos jeunes esprits, donc imitables. En effet, comment rester insensible devant la vie toute de charité, d’oubli de soi de Jeanne Jugan ou face au dévouement inlassable de saint Vincent de Paul devant la misère de son temps… De plus, ils percevront que la vertu de charité n’est pas faiblesse mais force, voire héroïsme… Un saint Jean de Dieu en est une illustration saisissante… Le refus de partager un jouet, de céder sa place prend alors une saveur jusque-là peut-être ignorée. Enfin, on lui apprendra à lutter contre la méchanceté, la cruauté… En l’aidant à se mettre à la place du prochain, on peut lui faire toucher du doigt le mal que l’on provoque par ses actes mais aussi par ses paroles. C’est un bon exercice d’éveil à cette réalité, d’ailleurs facilité par le fait que lui-même a probablement déjà éprouvé les effets d’une remarque désobligeante ou d’une attitude méprisante… Sachant pardonner, s’oublier, se dévouer, ces enfants, aux éducateurs attentifs, réjouiront leurs familles et attireront les faveurs du Ciel où, ne l’oublions pas, l’on récompense le don d’un verre d’eau !

 

 

Comments are closed.