Comment réussir ?

Ce titre, légèrement prétentieux, laisse entrevoir comme une potion magique… Hélas non ! Pas d’élixir mais un vrai souci de pédagogie car les actes posés par l’adulte ont évidemment des répercussions sur les enfants : « Un père volage et absorbé par les affaires… Une mère froide et peu spontanée… Le caractère de l’enfant s’en ressent, cela se traduit par une profonde mélancolie, un repli sur soi, une vive méfiance à l’égard de son entourage… » Qui décrit-on ainsi ? Mais le roi Louis XIII ! Ce trait, rapporté par l’historien Pierre Chevalet, illustre bien notre difficulté… Alors oui, comment réussir auprès des enfants ? Savoir les reprendre semble un premier élément de réponse. Les enfants manquent d’expérience et s’en offusquer serait bien puérile. Notre rôle n’est-il pas de les former ou de leur donner de bons réflexes ? Or, les bons exemples, les encouragements ne suffisent pas toujours. Vous le savez, les enfants ont le péché originel et inévitablement des tendances comme la jalousie, l’indépendance, la paresse peuvent se développer. Il va donc falloir canaliser, redresser. La réprimande bien adaptée, donnée à temps, trouve ici sa place. Rares et brèves en sont deux qualités car les remarques incessantes ou disproportionnées altèrent la capacité d’écoute et au final l’adhésion. Dès qu’il y une scène, des cris, elle perd aussi de son efficacité car l’enfant pourra être impressionné au début mais peu à peu, il finira par être indifférent… Ce qui nous donne deux autres dispositions : la discrétion et la réflexion. Sa cinquième qualité se nomme : Patience. Un enfant ne change pas de suite, il lui faut du temps pour intégrer les messages et les mettre en pratique ! Quelque fois, il aura même du mal à reconnaitre ses torts… Sainte Monique n’a-t-elle pas attendu vingt ans le retour de son fils Augustin ? Enfin, dernier caractère, l’indulgence qui nous fera oublier une histoire réglée. Sans cesse remise sur le tapis elle risquerait de provoquer le découragement et peut être la rechute ! Cependant pour que la remarque trouve son plein épanouissement, on saura l’accoler à l’autorité qui ne se marchande pas, qui parle avec la certitude d’être obéi tout en prenant soin d’utiliser un vocabulaire compréhensible. Le prophète Nathan ne nous en montre-t-il pas un bel exemple lorsqu’il amène le roi David à la repentance ? Souvenez-vous (2 Sam 12,1) : « Cet homme-là, c’est toi ! »

Frère Pascal

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